dimanche 30 mars 2025

La Trilogie de Hurle, Tome 1 : Le Château de Hurle


Au cœur de la contrée magique d’Ingarie, dans le charmant village de Marché-aux-Copeaux, Sophie s’ennuie. Seule dans sa chapellerie, elle a accepté son destin d’aînée de la famille, et de vivre dans l’ombre de ses sœurs, résignée ainsi à un avenir routinier.

Après tout, tel est l’usage...

Lorsqu’un beau jour, la jeune fille a le malheur d’offusquer la sorcière des Steppes, celle-ci lui dérobe 60 ans de sa vie, la laissant vieille et démunie. Cherchant désespérément un moyen de briser le sortilège, la jeune chapelière sera amenée à pactiser avec le démon du feu, Calcifer.

Vivant dès lors dans un étrange château ambulant dont les secrets restent entiers, Sophie entame une extraordinaire aventure à la recherche de sa jeunesse volée, prête à reprendre en main son destin. Un périple jalonné de dangers et de rencontres hautes en couleur...


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« Le château ambulant » de Hayao Miyazaki (studios Ghibli) est juste l’un de mes films d’animations préférés. Alors, lorsque l’on m’a offert le roman dont est tiré cette histoire que j’aime tant, je me suis jeté dessus !
Même s’il y a de nombreuses différences entre le roman et le film, les deux sont pour moi un gros coup de cœur. Je suis une fan inconditionnelle de Hurle (Hauru/Howl dans le film) et Sophie !
C’est officiel !

Hayao Miyazaki a pris beaucoup de liberté sur l’histoire de base. C’est un peu sa marque de fabrique et c’est ce qui fait qu’il arrive à aussi bien s’approprier tous ces magnifiques récits. Dans le roman, pas de contexte de guerre, ni de monstre oiseau géant. Non. Ici, le ton est plus proche d’un conte de fée… un peu décalé ! Jusqu’au titre des chapitres qui m’ont beaucoup fait rire. Tous les codes y sont : jeune fille maudite, prince, sorciers et sorcières, démons et même animaux mignons. Néanmoins, aucun d’entre eux n’a le rôle ou même la conclusion que l’on attend dans un conte ordinaire. Tout y est tordu et remodelé de façon inattendue. Même en connaissant le gros de l’histoire, via le film, j’ai été plus d’une fois surprise par les révélations et le chemin que prenait le récit.
La narration y est aussi pour beaucoup, je pense. On suit l’histoire à la troisième personne, mais principalement du point de vue de Sophie, ce qui fait que certaines choses nous échappent, jusqu’à ce que les révélations arrivent ! Et elles arrivent tardivement, nous tenant en haleine jusqu’au bout !
J’ai enchaîné les pages sans m’arrêter !

Il y a beaucoup à dire sur les personnages, bien plus nombreux que dans le film. Néanmoins, afin d’éviter de gâcher trop la surprise de certains d’entre eux, je vais me focaliser sur les protagonistes les plus importants.

Tout d’abord, l’héroïne. Sophie a un peu plus de caractère dans le roman, mais aussi un manque de confiance en elle beaucoup plus profond. Malgré tout, elle est courageuse, drôle et ne manque pas de faire entendre sa voix, sous les traits de cette grand-mère qui lui fait perdre une partie de sa timidité habituelle. J’ai adoré son évolution et la manière dont son regard change au fur et à mesure du temps. Contrairement au film, elle a ici deux sœurs (Lettie, présente dans le film, et Martha), en plus de sa belle-mère, Fanny (présentée comme sa mère, dans le film). On pourrait croire que cela ne change pas grand-chose, mais il n’en est rien ! Car le fait d’être l’aînée de trois sœurs est une notion très importante dans l’histoire. De plus, quelque chose, (je ne dirais pas quoi) absent du film, lui donne une toute autre dimension et, je trouve, une raison bien plus logique pour la sorcière des Steppes (des Landes dans le film) de s’en prendre à elle.

Hurle (Hauru/Howl dans le film) est beaucoup moins héroïque que dans le Miyazaki. Son côté lâche ressort beaucoup, et les personnages brossent un tableau de lui des plus défavorables tout le long du récit. Le pauvre sorcier n’est en odeur de sainteté nulle part, même pas dans son pays natal (révélation de ses origines qui m’a fait bondir de ma chaise tellement je ne m’y attendais pas ! ). Il essuie les coups sans mot dire, jusqu’aux révélations finales qui lui donnent une toute autre image. Au final, il est, certes, lâche, mais aussi adorable, attendrissant, aimant et impétueux. Je l’ai adoré, même si, pour le coup, je préfère sa version cinématographique.

Michael (Marco dans le film) est plus âgé que sa version du 7ème art. De ce fait, il est également plus indépendant et mature, même s’il reste un adolescent. J’ai beaucoup aimé son histoire et les liens qui l’unissent à Sophie. Il est un peu plus effacé que cette dernière et son maître, néanmoins, l’histoire n’aurait pas été la même sans sa présence.

Le Navet (l’épouvantail, vous savez, qui donne sa canne à Sophie. ) ainsi que le chien sont également présents mais avec des rôles bien différents. J’ai beaucoup apprécié ce que signifiait réellement leur présence ainsi que la conclusion de leur histoire. J’avoue que je ne m’y attendais pas du tout !

La sorcière des Steppes (des Landes dans le film) change également beaucoup. Déjà, elle est bien moins présente. Elle est plus une menace pesante, tout au long du livre. Et même si j’adore ses interactions avec Sophie dans le film, j’ai trouvé cette épée de Damoclès sur la tête de Hurle très intéressante et bien écrite. De plus, encore une fois, je ne m’attendais tellement pas à cette conclusion pour elle ! Je suis tombée des nues ! Et j’avoue préférer cette version. Je ne suis pas fan de la vilaine sorcière devenue gentille mamie un peu taquine, présente dans le film. Au final, avec pourtant moins de présence dans l’histoire, j’ai trouvé cette sorcière plus approfondie que celle du film.

Je conclus ce petit tour des personnages avec mon préféré, après Sophie et Hurle, bien entendu. Calcifer est génial dans le film, c’est certain, mais dans le roman, il perd sont côté petite boule toute mignonne et impertinente pour devenir un véritable allié pour Sophie. On sent un lien fort qui les unit et grandit au fil des pages. Sa façon de ronchonner tout le temps me fait toujours rire, dans l’un et l’autre des médias, mais les passages d’ellipse temporelle permettent de voir qu’il n’est pas qu’un démon au service d’un sorcier, il fait partie de la famille, c’est un ami, un frère pour Hurle. Cela ne rend sa conclusion que plus touchante encore.
Même si je préférais toujours sa petite bouille à la Miyazaki 💖

Au final, que ce soit le film ou le roman, j’adore les deux, même si le film a une place spéciale dans mon cœur, pour des raisons plus personnelles. Ils offrent chacun une version distincte d’une même histoire, apportant des thématiques et des réflexions tout aussi différentes. Néanmoins, les deux sont magnifiquement racontés et écrits. Certains passages sont identiques, et l’histoire de Hurle et Sophie se conclut à peu près de la même façon, mais les deux formats diffèrent assez pour ne pas vous ennuyer et pour être surpris lors de votre lecture.
J’ai hâte de lire la suite, parce que, oui, c’est en réalité une trilogie !
En attendant, je m’en vais revoir le film encore une fois.

Gifs = Le château ambulant

vendredi 7 février 2025

Vive la reine des citrouilles

Sally Skellington est devenue officiellement la nouvelle Reine des Citrouilles après son union avec son véritable amour, Jack. Mais si Sally adore Jack de tout son être de tissu, elle ne peut en dire autant de son nouveau rôle de reine de la ville d’Halloween. Se retrouvant sous le feu des projecteurs et devant faire face à toute sorte de tâches incombant à la reine, elle ne peut s’empêcher de se demander si elle n’a pas échangé une captivité contre une autre, aussi dorée soit-elle.

Mais quand, avec Zéro, elle découvre accidentellement une porte longtemps cachée menant à un ancien royaume appelé la ville des Rêves, elle déclenche sans le savoir une série d’événements sinistres qui mettront en péril son avenir en tant que Reine des Citrouilles et l’avenir de la ville d’Halloween.

Sally parviendra-t-elle à découvrir ce que cela signifie d’être fidèle à elle-même et pourra-t-elle sauver la ville qu’elle a appris à appeler sa maison ? Ou son futur se transformera-t-il en son pire cauchemar ?

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Clairement, cette critique ne sera absolument pas objective et sera totalement influencée par mon amour de l’univers de l’étrange Noël de M. Jack (créé par Tim Burton et réalisé par Henry Selick, ne l’oublions pas 😉). J’écoute les musiques du film en boucle, ainsi que les thèmes de la ville d’Halloween de kingdom heart. « C’est ça Halloween » est d’ailleurs ce que je fredonne dès que je stresse (c’est-à-dire très souvent) afin de me calmer, c’est dire ! Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai visionné le film et je ne parle même pas du jeu PS2 ou de Disney Dreamlight Valley ! Bref, j’AIME l’étrange Noël de M. Jack ! Alors… une suite potentielle avec Sally en héroïne ? Il ne m’en fallait pas plus pour que je plonge dans ce roman !
Bienvenue à Halloween !

Il est toujours difficile de s’approprier un univers qui n’est pas le sien et force est de constater que Shea Ernshaw a parfaitement réussi. On sent, dans sa plume poétique tout l’amour qu’elle a pour cet univers. J’ai particulièrement aimé sa façon de transformer les phrases que l’on retrouve souvent en romance, afin qu’elles collent à cette vision si particulière des habitants de la ville d’Halloween. Ici, ce ne sont pas les doigts chauds et les lèvres douces qui font rêver, mais le toucher glacial et les orbites creux. Cela met tout de suite dans une ambiance particulière qui, personnellement, me plaît énormément !
L’histoire se déroule du point de vue de Sally, à la première personne. C’est assez particulier, au départ, de se mettre dans la peau de notre malheureuse héroïne, mais je me suis rapidement prise au jeu. Quelques menus détails semblent un peu cousus de fil blanc, mais l’ensemble se marie à merveilles avec le matériel de base, rendant les mondes des fêtes plus riche encore et donnant plus de profondeur à cette histoire que j’aime tant.
Certaines révélations donnent également une toute nouvelle dimension à la vie de Sally et à l’horreur qu’incarne le Dr Finkelstein (Qui, dans la première version du film, se cachait sous le sac d’Oogie Boogie, faisant de lui le véritable antagoniste, et oui !).
Je ne l’ai jamais aimé !

Les personnages des mondes des fêtes sont assez secondaires, même si cela m’a fait drôle de connaître le nom des vampires et sorcières de la ville d’Halloween, hihi. Jack ne fait qu’une brève apparition au début et à la fin du roman, aussi curieux, joyeux et charismatique que dans le film.
Quelques nouveaux protagonistes font leur entrée dans cet univers, à l’instar de la charismatique reine de la Saint-Valentin, du terrifiant marchand de sable ou des mélancoliques gouverneurs du monde des rêves mais je n’ose pas trop en parler, de peur de spoiler. Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai bien failli en détester certains… Mais ils se rattrapent bien. Il s’en est fallu de peu !
Sally étant au cœur du récit, c’est forcément elle qui est la plus développée. Cette histoire est, au final, un véritable cheminement pour la poupée de chiffon afin qu’elle apprenne qui elle est, qui elle souhaite devenir et, surtout, afin qu’elle découvre tout le courage et la force dont elle était déjà dotée. Car, oui, comme dans le film, Sally est timide, réservée et très peu sûre d’elle. Malgré les efforts de Jack pour lui faire comprendre à quelle point elle est formidable, le manque de confiance est profondément ancré au fond du tourbillon de feuilles mortes qui l’habitent. À plusieurs reprises, la petite poupée doute, est effrayée, mais chaque fois, elle se relève encore et toujours.
J’ai toujours adoré ce personnage, regrettant de ne pas la voir plus. J’ai été plus que servie dans ce roman et j’ai adoré voir son évolution. Sally est une véritable héroïne comme je les aime. Douce, romantique, courageuse et intelligente, elle est pleine de ressources et fait preuve d’ingéniosité.
Et puis, elle est tellement jolie
💗

Pour conclure, je dirai que j’ai vraiment adoré ma lecture, quand bien même elle reste simple. Parfois, la simplicité, cela fait du bien. Mais je ne sais pas si cela plaira autant à quelqu’un qui n’accroche pas aux univers à la Tim Burton, macabre et poétique, tout à la fois. Pour ma part, j’ai passé un excellent moment et cela n’a fait que renforcer mon amour pour ces histoires aux ambiances si particulières. Je n’ai pas fini de chantonner « C’est ça Halloween » !
« C’est la viiiiille, de la nuiiiiiit, les citrouilles chantent et les chauve-souriiiiiiis »


Gifs = L’étrange noël de M. Jack

mercredi 1 janvier 2025

Un elfe pour Noël

Ree déteste Noël. Elle a de bonnes raisons pour ça : son frère s'est suicidé un soir de réveillon, alors qu'elle n'avait que dix ans. Et voilà que trois semaines avant la fête qu'elle conspue tant, son père véto ramène une nouvelle créature pour ajouter à sa collection d'animaux bizarres : un jeune elfe mâle, trouvé renversé au bord de la route. Ree voit d'un mauvais œil cette nouvelle trouvaille. D'autant plus que son père s'y attache et l'habille avec les vêtements de son frère. Il lui donne même un nom, évoquant celui du fils décédé : Angel. 

 Or, les elfes sont des créatures dangereuses, qui vivent selon des règles à part, violentes et mystérieuses, à l'écart des humains. Ree se doute que ce jeune appartient à l'une des bandes de délinquants qui terrorisent les gens et vivent dans des squats en marge de la ville. Avec son visage fin, ses grands yeux sertis d'étoiles, ses longs cheveux noirs, ses oreilles pointues, ses tatouages claniques mystérieux et son air féral, Angel n'est pas sans charme. Mais Ree cache une blessure secrète, et ne peut pardonner à Angel ce qu'il est. 

 Mais si l'amour s'invitait au réveillon, et le pardon et la tolérance sous le sapin ?


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La période des fêtes de fin d’année n’est pas forcément synonyme de joie pour moi, c’est pourquoi, cette année, j’ai voulu me plonger dans une petite histoire de Noël pour me changer les idées. Bon, nous sommes loin du téléfilm hyper codé et cliché de TF1 et la thématique des monstres est très présente (forcément, il fallait être sûr que cela me plaise) et c’est cela qui est bon !
Alors prenez un plaid, un chocolat chaud, allumez votre sapin et c’est parti pour « un Elfe de Noël » de Lotte Sardane, la même auteur de « Je brûlerai ton armure » qui fut un coup de cœur pour moi !
On part sur de bonne base !

Comme dit dans l’intro, nous sommes loin des scénarios bâteau à base de « working girl » partant dans son village natale et tombant sous le charme du bûcheron veuf et sexy, père célibataire d’une petite fille (Cela vous dit quelque chose ? C’est normal !). Ici, nous sommes dans un univers Urban Fantasy à la Mercy Thompson, où les humains côtoient les elfes. Encore une fois, n’y voyez pas des elfes de Noël à l’apparence d’enfants aux joues pailletées, ni de beaux éphèbes pâles et longilignes qui vous toisent de haut en tirant des flèches de leur arc doré. Non. Ici, il s’agit de créatures anciennes, dangereuses, animales, proches de la nature et vivant en autarcie de la société humaine, tout en les effrayant.
J’ai d’ailleurs beaucoup aimé le parallèle entre cette situation humains/elfes et les problèmes modernes de racismes et de lutte des classes de notre réalité.
Nous suivons donc Ree, la fille d’un vétérinaire dans une petite ville au nord des États-Unis et de sa rencontre avec un elfe blessé qui chamboulera tout son monde. Et ce ne sont pas des paroles en l’air !
L’histoire tient en 31 chapitres (+ un épilogue) qui correspondent chacun à une journée et ont été écrits… le jour même ! Alors, l’auteur avait un plan, mais cela reste une sacrée prouesse, d’autant que, malgré les fautes obligatoires lorsqu’un texte n’est pas passé dix fois à la moulinette, la qualité est bien présente !
Chapeau !

Ree est naïve. Elle est un reflet de toutes ces personnes qui croient tout ce qu’ils voient à la télé, prenant pour argent comptant les rumeurs et les dires de leur entourage, sans jamais mener de plus amples investigations. Ce trait de caractère m’a beaucoup énervé, par moment. Heureusement, Ree reçoit le « déclic » afin d’ouvrir son esprit et le choc avec la réalité sera rude. J’ai énormément apprécié son évolution, au fil des jours et, surtout, sa façon d’assumer totalement ses mauvais comportements et de tout faire pour réparer ses erreurs. Ree est humaine, faillible, mais aussi curieuse, courageuse et généreuse.
Angel… ah Angel ! L. Sardane a le don pour écrire des personnages masculins qui me font fondre ! Il est à la fois sauvage et dangereux, mais aussi sensible et dévoué. On sent qu’il souffre tout le long de l’histoire, taisant sa douleur afin de toujours faire passer les autres avant lui. Son côté taquin m’a fait mourir de rire et sa timidité qu’il peine à dissimuler m’a fait totalement craquer. Que dire de plus ? Si ce n’est que, en prime, il a un look comme je les aime : veste en cuir, tatouage et piercing.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Aucun ne m’a laissé de marbre, pas même la vieille dame au chat qui n’apparaît que pour une scène ou même l’éleveur qui n’est que citer ! À travers eux, on voit les mentalités évoluer, et pas seulement celle de Ree. C’est discret, mais cela apporte tellement au texte ! Certains, néanmoins, sont détestables et j’aurais presque voulu un chapitre supplémentaire pour les voir recevoir la monnaie de leur pièce ! Grrrr !
Le père de Ree est tout bonnement adorable. J’aurais adoré que ce soit le mien haha ! Nous serions partis faire des manifestations, bras-dessus, bras-dessous ! Jolene et Rowan sont typiquement le genre de personnes avec qui j’aimerais être amie et Shadow… aaaaah ! Je ne sais pas qui j’aime le plus entre lui et Angel ! Avec son look si spécifique, je n’ai pu m’empêcher de l’imaginer sous les traits de Zaveid, de Tales of Zesteria haha.
Sexy et sauvage 💗

J’ai beaucoup aimé cette histoire et j’attends avec impatience de potentiels spin off sur Rowan et Shadow (je sais que l’auteur en a déjà l’idée hihi). C’était la première fois que je tentais une lecture sur Wattpad et ma seule déception est de ne pas avoir de version papier à ranger soigneusement dans ma bibliothèque ! Je vais certainement renouveler l’expérience, déjà parce que ma sœur et quelques amies se sont également lancées sur cette plateforme, mais aussi parce que, non édité ou auto-édité, il serait dommage de passer à côté de petite pépite comme « Un elfe pour Noël ». En plus, c’est gratuit !
Un joli cadeau de Noël !


Gifs = Elf ;Gremlin ; Tales of Zesteria ; Arthur Christmas

mercredi 25 décembre 2024

Confessions d'une fan de Jane Austen

 


Je n’aurais jamais dû noyer mon chagrin dans une énième relecture d’Orgueil et Préjugés et dans l’alcool, car aujourd’hui, me voilà propulsée à l’époque de la Régence anglaise dans le corps d’une autre femme ! Même si la mode Empire et les mœurs ne cessent de me surprendre, je m’aperçois que cette vie offre, malgré tout, son lot de charmes. Surtout lorsque je rencontre l’élégant et séduisant Charles Edgeworth. Mais est-il un Darcy ou un Wickham ? S’il se révèle être un Darcy, je pourrais bien ne plus jamais éprouver l’envie de rentrer chez moi, après tout…

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Les histoires de réincarnations/incarnations dans le corps d’une autre… j’en ai trop vu passer, surtout dans les webtoon coréens, et j’avoue en être lassée… Mais là, il y a le nom de Jane Austen dans le titre ! Sans compter que ce roman a été écrit avant cette vague d’histoires toutes semblables. Alors c’est avec un petit plaisir coupable que je me suis plongée dans cette lecture, trop heureuse de me retrouver au temps de la régence anglaise. Puis… j’ai vite déchanté… Au final, je crois que je préfère les webtoon coréens…
C’est dire si je n’ai pas aimé ce roman…

Pas de prologue, pas d’introduction, l’histoire commence directement par le réveil de Courtney dans le corps de Jane. Dès les premiers chapitres, j’ai trouvé l’héroïne insupportable… Mais j’ai laissé couler, me disant que cela ne durerait pas, qu’elle évoluerait avec le récit. Quelle erreur ! Au final, j’ai trouvé l’histoire de « Confessions d’une fan de Jane Austen » totalement indigeste, levant les yeux au ciel à plusieurs reprises et lâchant le livre tout autant de fois, si ce n’est plus, principalement à cause du comportement de Courtney, alias Jane. Je pensais, bêtement, qu’un roman basé sur les écrits de Jane Austen serait une romance… Mais non ! Alors, il y a bien quelques petits passages de ce type, mais la majorité du roman ne se concentre que sur Courtney et son comportement totalement égoïste et puérile dans les lieux qu’elle découvre.

- Courtney aux bains thermaux a peur des microbes.

- Courtney dans le labyrinthe se fout des convenances (parce qu’elle est trooooop rebelle et féministe, youhou !)

- Courtney chez la cousine de son amie manque de se faire vi*ler (mais ça va, parce qu’elle est quand même contente d’enfin « chopper » un homme.)

- Courtney dans la peau de Jane insulte tout le monde et se fout royalement des « prolos » parce que son hygiène corporelle est plus importante que tout le reste.

- Courtney à l’église ne supporte pas de ne pas être maquillée.

Bref… insupportable… J’ai enchaîné moments gênants sur moments gênants, la palme revenant à la fameuse rencontre avec Jane Austen elle-même. Rencontre qui est, d’ailleurs, un argument marketing écrit au dos du livre !
Pour résumer ce passage des plus pénible : L’héroïne croise Jane Austen faisant ses emplettes à Londres. Elle lui court après pour l’interpeller dans la rue – Ça commence bien – pour ensuite lui dire combien elle aime ses romans – gentil… Mais à cette époque, Jane Austen souhaitait rester anonyme et Courtney le sait parfaitement. – Quand l’auteur classique l’envoie gentiment bouler, parce que, bon, elles ne se connaissent pas, tout de même. Courtney insiste en lui parlant des adaptations filmographique de ses romans et insistant LOURDEMENT sur le fait que les acteurs des héros soient beaux à tomber par terre et que, quand même, un petit baiser pour conclure les romans, cela n’aurait pas été de trop – Le culot de la femme incapable de gérer sa propre vie, aussi bien dans le futur que dans la peau de Jane Mansfield – Jane Austen n’y comprend rien et s’enfuit, littéralement. Elle accélère sa marche pour semer Courtney. Mais cette dernière l’a rattrape ! – Pas du tout terrifiant pour cette pauvre mademoiselle Austen – Elle s’excuse, tout en lui prophétisant à quel point elle sera une grande auteur adulée par beaucoup, dans le futur. Finalement, la pauvre Jane Austen réussit à s’enfuir et l’héroïne de notre histoire y repense en souriant, se qualifiant elle-même, fièrement, de harceleuse et pensant, je cite « je l’ai très certainement laissée avec l’envie de demander une injonction d’éloignement à mon encontre, ou du moins l’équivalent au XIXe siècle. »
Pour ajouter à ce malaise perpétuel, Courtney ne s’implique JAMAIS dans cette histoire, répétant sans cesse qu’elle retournera chez elle. Elle ne prend conscience des conséquences de ses actes que lors du 34ème chapitre… sur 36 ! Se disant que, même si elle finit par revenir au XXIe siècle, la vraie Jane serait bien embêtée si jamais elle se faisait surprendre en train de se faire plaisir avec un monsieur sur des coussins moelleux. Ah bah oui ! Tout ça pour une conclusion des plus bâclée, rendant tout le roman totalement inutile.
Le manque d’implication de l’héroïne elle-même fait que je ne me suis absolument pas sentie concernée non plus. Je n’avais pas envie d’être là, tout comme Courtney. Et les divers événements du roman m’ont juste donné envie de frapper l’héroïne.
J’avais hâte d’en finir…

Il est difficile de parler des personnages secondaires, tant ils sont insipides. Ils ne sont là que pour remplir une fonction, rien de plus. Mary, l’ami de Jane Mansfield, a un peu plus d’importance, mais sa façon de changer d’avis comme de chapeaux et de se mêler de la vie de l’héroïne en lui imposant son point de vue m’a été très vite insupportable.
« Non, ne tombez pas amoureuse de mon frère, il m’a fait trop de mal et il y a trop de rumeurs sur lui ! » Et quelques chapitres plus tard : « En fait, ça va, il est gentil, c’est le meilleur frère du monde et je suis certaine que les rumeurs sont fausses ! » Mais oui, bien sûr, tout ceci me semble parfaitement objectif et tient sur de solides arguments…
Venons-en donc à Courtney, alias Jane. C’est simple, elle est égoïste, égocentrique, matérialiste et superficielle. Rien que ça. Elle n’évolue absolument pas, tout le long du roman et sa prise de conscience à la toute fin ne change pas grand-chose à son comportement. Elle prône la liberté de la femme, l’égalité des sexes, mais se complaît dans son rôle de pauvre femme fragile victime des méchants hommes infidèles et critiques sans aucune gêne – et parfois pendant des pages entières – les femmes, que ce soit du XIXe siècle ou ses contemporaines. J’ai notamment en tête un long passage expliquant à quel point les femmes actuelles ne comprennent rien aux règles. Que si elles durent longtemps et font si mal, c’est de NOTRE faute parce que nous ne laissons pas faire la nature… j’en suis venu à douter que l’auteur de ce roman soit une femme !
Pour conclure le magnifique portrait de cette femme – pour qui sortir avec du maquillage est un problème bien plus important que d’avoir fait un retour en arrière dans le temps – j’ajouterai sa manie de fantasmer sur tous les hommes qu’elle rencontre. C’est simple, jusqu’à la toute fin du roman, elle pense à tous les protagonistes masculins du roman, important ou secondaire, à tour de rôle, ou en même temps ! (Fort heureusement, le père de Jane est exclu de cette liste.) Embrassant l’un en pensant à l’autre. Flirtant ouvertement avec Edgeworth pour ensuite fantasmer sur Wes. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, cela m’insupporte. Qu’elle soit perdue au départ, pas de soucis, c’est normal. Mais que cela dure tout le roman ? Non.
À un moment, je pense qu’il est important de faire évoluer son personnage, de la faire grandir, de faire en sorte qu’elle ne se comporte pas comme une gamine pourrie gâtée en chaleur… ce qui n’est clairement pas le cas ici.
Même Lydia Bennet semble plus mature, à côté de Courtney

Vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout aimé ce roman. Je ne sais pas si je lirais un jour la suite… j’espère, sans doute vainement, que Jane soit plus mature que Courtney… Dans tous les cas, ce ne sera pas pour tout de suite. « Confessions d’une fan de Jane Austen » a été, pour moi, un supplice. Ce roman est la preuve vivante que mettre le nom d’une illustre écrivaine dans le titre, n’est pas gage de qualité.
Bien au contraire !


Gifs = Orgueil et préjugés – 1995 ; Becoming Jane ; Orgueil et préjugés – 2005 ; Raisons et sentiments – 2009

samedi 16 novembre 2024

Dragon Age the Veilguard

 

Unissez la Garde du Voile et défiez les dieux dans Dragon Age™: The Veilguard, un RPG solo immersif dans lequel vous serez le ciment de l’équipe.



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Cette chronique va être longue… très longue… car, à l’instar de Mass effect Andromeda, Dragon age the Veilguard a reçu des vagues de haines avant même sa sortie. La cause ? Des cicatrices d’ablation mammaire, vous rendez-vous compte ? Le monde va s’écrouler ! S’en est suivi des tsunamis de mauvais commentaires, que l’on demande l’avis des gens, ou non. Des insultes et des moqueries à tous ceux et toutes celles qui osaient dire qu’ils et elles avaient aimé le jeu… Comme si, ne pas avoir le même avis que ces gens était un affront au genre humain…
Je vais donc tenter de reprendre les critiques les plus vues, une par une, et y répondre de la manière la plus calme et objective possible. Même si, clairement, une critique contient toujours un peu de subjectivité. Mais, ne vous en faites pas, j’ai mis des petits titres aux paragraphes pour vous y retrouver !
Comme pour Mass effect Andromeda, j’ai donc pris le jeu, je l’ai allumé, et je me suis faite mon propre avis, sans gueuler partout, telle une hystérique de la manif pour tous. Est-ce que j’ai été déçue ? Sur certains points, oui. D’autres m’ont énormément plu. Au final, non, je ne trouve pas que ce soit le meilleur des Dragon age. Mais je ne trouve pas que ce soit le pire, non plus. Dans mon petit top personnel, je le place après Inquisition et avant Dragon age II. Origin restant, encore à ce jour, mon préféré.
Parce que l’on ne détrône pas mon roi 💗



« CE N’EST PAS UN DRAGON AGE, NI UN RPG »

C’est l’une des critique qui revient souvent. Pour ces personnes, Dragon Age the Veilguard diffère trop des autres Dragon age et, au final, ce n’est même pas un RPG.
Reprenons depuis le début :
Dragon age est une licence qui a comme particularité de renouveler ses graphismes, son charadesign et son gameplay à CHAQUE OPUS. Il garde la même trame scénaristique (en gros, les événements du continent de Thédas avec, en toile de fond principale, les enclins, la guerre mage/templiers et/ou le voile/l’immatériel). Chaque jeu mettant en scène une équipe différente avec un héros ou une héroïne qui diffère également d’un jeu à l’autre. Plusieurs clins d’œil sont dispatchés ici et là au cours des jeux et plusieurs têtes connues refont quelques apparitions. Parfois dans tous les jeux (comme Isabela), parfois dans deux jeux seulement (comme Zevran). Et, oui, ces changements ne plaisent pas toujours (j’ai beaucoup de mal avec les remaniements de DAII, par exemple, sauf pour les qunaris), mais c’est ainsi que fonctionne Dragon age.
Bref, cela fait partie de l’identité même de la licence. Critiquer cela, c’est ne rien avoir compris à Dragon age.

Zevran avait pris tellement cher, le pauvre !

Ensuite, pour le côté RPG. Beaucoup signalent le fait que c’est devenu un jeu d’action tout bête… Reprenons donc la définition d’un RPG :
RPG = Role Playing Game (ou jeu de rôle) est un style de jeu vidéo, issu des jeux de rôle « papier » (ou JDR) type, donjons & dragons. Au cours d’un RPG, le joueur ou la joueuse incarnera un personnage (ou toute une équipe) dans un univers souvent vaste, et suivant une histoire (souvent longue et complexe) à la trame bien définie. Certains RPG possèdent un système de choix pouvant influencer l’histoire, mais PAS TOUS !
Au fil du jeu, les personnages gagneront des niveaux, des compétences, de l’équipement, etc. Et ce sera au joueur ou à la joueuse de gérer tout cela afin de devenir de plus en plus puissant ou puissante.
En bref, un RPG se caractérise par son univers riche, son histoire complexe, et, surtout, un système d’évolution des personnages et de gestion de l’équipement et/ou de l’inventaire.
Il existe plusieurs types de RPG : T-RPG (pour « tactique », à la fire emblem), J-RPG (pour « Japon », à la final fantasy), RPG occidentaux (type Fallout) qui sont eux-mêmes souvent des A-RPG (pour « action », à la Dark souls), MMORPG (pour « massively multiplayer online » (massivement multi-joueurs en ligne), à la World of Wacraft), le hack 'n' slash (pour « porte-monstre-trésor », à la Diablo) etc.
Je conclurais en disant que, depuis plusieurs années maintenant, les genres se mélangent de plus en plus entre eux. Un J-RPG va se tourner un peu plus vers l’action, un FPS va avoir quelques côtés tactiques et évolution des personnages, etc. Les frontières entre les différents styles de jeux deviennent de plus en plus floues, et c’est tant mieux !
Cela étant dit, voyons maintenant le cas de Dragon Age the Veilguard. Si je prends les points importants d’un RPG, un par un :
    - Univers vaste – OUI.
    - Histoire longue et complexe – OUI.
    - Évolution des personnages avec niveaux et compétences – OUI.
    - Gestion de l’équipement et de l’inventaire – OUI.
Donc, Dragon age the Veilguard EST un RPG. Un A-RPG. Mais un RPG tout de même.
C’est validé !

LA MUSIQUE

Le thème principal du jeu, signé par Hans Zimmer, est, de mon point de vue, une véritable pépite et nous fait directement rentrer dans une ambiance à la fois épique et inquiétante.
Le reste du thème musical, co-signé par Hans Zimmer et Lorne Balfe, est tout aussi excellent, néanmoins, il y a un certain soucis de contexte.
Par exemple, lors du niveau de l’ossuaire (comprendront celles et ceux ayant joué), j’ai trouvé la musique trop « moderne », parfaite pour un mass effect, mais pas vraiment à sa place dans un dragon age. Et il en a été de même pour d’autres musiques, tout au long du jeu. Je peux vous citer, pêle-mêle, les morceaux « Down, But Not Out » ; « A Study of Dock Town » ou encore « Dragon Hunter ».
Il y en a d’autres, en revanche, que j’ai énormément aimé et qui m’ont tout de suite remise dans le jeu comme « The Dread Wolf » ; « Where the Dead Must Go » ou encore « love and ashes ».
Je vous laisse regarder sur youtube.
Tout cela n’a, en aucun cas, gâché ma partie, car, certes, les musiques sont présentes, mais elles savent également se faire discrète lorsqu’il le faut, nous laissant ainsi nous imprégner de l’ambiance d’une scène, sans en ajouter.
Je n’ai pas entendu beaucoup de critiques sur la musique, je crois que taper sur Bioware, c’est ok, mais sur Hans Zimmer, cela ne se fait pas. L’hypocrisie du tribunal d’internet, certainement. Dans tous les cas, globalement, c’est une réussite, selon moi. Et si la musique ne vous plaît pas, vous pouvez toujours baisser son volume, donc ce n’est pas vraiment un problème, quelque soit votre ressenti.
Il y a de quoi remplir votre playlist

« LES GRAPHISMES SONT DÉGUEULASSES ! ON EST PAS DANS UN CARTOON ! »

Lors du visionnage de la toute première bande annonce, beaucoup ont été refroidis par l’aspect graphique un peu « cartoonesque » des personnages, et je faisais, moi-même, partie des déçus. Force est d’admettre que cette première vidéo, entre ses couleurs vives, sa bande son moderne et son rythme effréné, n’était pas la meilleure des idées pour promouvoir le futur Dragon age. Mais, par la suite, d’autres vidéos sont arrivées, nous montrant que le jeu avait bien plus à offrir.
Le jeu est beau. Il est même magnifique. Et que dire de ces cheveux ! J’ai passé un long moment sur la création de personnage, juste pour voir de quelle façon bougeait chacune des coiffures qui m’étaient proposées. C’est hypnotisant et je veux cela dans tous les prochains jeux qui sortiront à partir de maintenant !
J’ai un ordinateur assez moyen en termes de puissance. Pourtant, en baissant juste quelques détails (notamment le flou directionnel, les ombres, les reflets, etc. ), j’ai pu évoluer dans un jeu sublime sans avoir de ralentissement. Le jeu est très bien optimisé pour les pc. Je ne saurais vous dire pour les consoles, de ce que mes amis m’ont expliqué, cela est également le cas, mais je préfère ne pas me prononcer sans avoir moi-même testé.
Pour ce qui est du côté « cartoon » alors, oui, cela semblait être le cas dans la première bande annonce, mais, une fois en jeu, je peux vous affirmer que c’est loin du cartoon ! La direction artistique est une merveille et les personnages sont tous très réussis graphiquement parlant. Mais, comme une image vaut mieux que 1 000 mots, je vous ai encore fait un petit montage de mes plus beaux personnages de jeux vidéos :


Voilà, j’espère que, avec ça, c’est assez clair comme contraste.

Ajoutez à cela des décors à couper le souffle que j’ai pris beaucoup de plaisir à explorer ; des effets d’attaques et de magie des plus saisissants ; des ambiances oscillants entre l’inquiétant, le dérangeant et le majestueux ; des jeux d’ombres et de lumières maîtrisés ; ainsi qu’une interface simple, mais efficace, et vous obtenez un jeu graphiquement très réussi.
Vraiment, rien à redire !

« CE N’EST PLUS UN DRAGON AGE BIEN DARK FANTASY ! »

Avant de parler de l’histoire en elle-même, j’aimerais m’attarder un peu sur l’univers de Dragon age. J’ai très souvent lu que ce Dragon age n’avait plus rien de dark fantasy et qu’il dénaturait complètement les anciens opus. Alors, déjà, l’ambiance inquiétante et oppressante propre à ce sous-genre de la fantasy n’était pas beaucoup présente dans Dragon Age Inquisition. De plus, encore une fois, je vous remets une petite définition (vous en apprenez des choses dans cette critique, décidément ! ).
La dark fantasy désigne les œuvres à l'ambiance très sombre, proche de l'apocalypse. Le bien laisse place au mal et les héros sont souvent fatigués par les épreuves qu'ils ont subies, d'humeur sombre, voire, parfois, amoraux. Le contexte est psychologiquement oppressant, noir, violent. Cela leur donne une dimension proche de l'horreur sans pour autant en faire partie. J’ajouterai que, l’aspect physique de l’œuvre n’est pas forcément en adéquation avec ce qu’il raconte. Entendez par là que la « Dark fantasy » ne signifie pas automatiquement une colorimétrie sombre ou même des personnages hyper réalistes. J’en veux pour exemple le manga « made in abyss » avec son charadesign adorable qui, pourtant, fait bien partie de la dark fantasy, au même titre que le manga « Berserk ».

Je ne pouvais pas trouver d’exemple plus significatif.

Cela étant clairement défini, passons à Dragon age the Veilguard.
Je ne peux nier une certaine « aseptisation » de l’ambiance propre à la licence Dragon age. J'entends par là que nous sommes à Tévinter, le pays où les mages sont au pouvoir, où la corruption et la magie du sang règnent, où l’esclavage est totalement normal et où les discriminations sont plus que présentes (Dorian en est un parfait exemple). Et pourtant, en me promenant en ville, j’ai croisé toute sorte de gens, de tout bord et de toute espèce, qui se parlaient et vivaient ensemble sans aucun souci et dans la plus grande tolérance, parfois à côté de chariots remplis de cadavres… dans le plus grand des calmes. Alors, oui, j’entends bien que nous ne voyons qu’une partie de Tévinter et, malgré cette ambiance un peu « gentillet », il est fait mention, à plusieurs reprises, de discrimination, d’esclavage, de torture même, mais nous ne voyons pas grand-chose. J’aurais beaucoup aimé, à l’instar de la mission à Orlaïss dans inquisition, avoir toute une série de quêtes nous faisant découvrir le magisterium, avec ses intrigues, sa corruption, confrontés aux mages qui tentent de changer les choses, comme Dorian et Maevaris.
De plus, votre personnage ne PEUT PAS être méchant. Avec personne. Même si j’ai tendance à toujours jouer les gentilles, j’ai trouvé dommage de ne pas avoir la possibilité d’apporter un peu de nuance à tout cela. D’autant plus que le texte est moins abouti que les opus précédents, rendant certains dialogues un peu légers. Non pas que la narration ou les dialogues soient mauvais, c’est plus qu’ils ont un vocabulaire trop moderne, selon moi, et qu’ils ont abusé des contractions et du tutoiement. Mais cela n’est que mon avis personnel.
Ce constat, un peu décevant, il est vrai, rentre pourtant directement en conflit avec l’histoire principale, ainsi que les quêtes secondaires, qui, elles, sont très riches et extrêmement sombres ! Nous passons de découverte en découverte, du rire aux larmes, de la peur à la colère. Les événements de Dragon age the Veilguard complètent à merveille ce que nous avons appris jusqu’ici et nous offrent des révélations incroyable ! Pour le coup, les événements que nous vivons, que ce soit l’histoire principale ou les quêtes secondaires, nous plongent au cœur d’un récit très dark fantasy. Tout y est : le pessimisme, le sentiment de défaite inévitable, les échecs et ses conséquences… Certains personnages en prennent plein la tête et devront redoubler d’efforts pour surmonter tout cela.
Beaucoup de joueurs et joueuses avaient critiqué DAI et MEA pour leurs cartes trop grandes et leurs quêtes trop nombreuses. DAV a donc réduit les zones à explorer et s’est limité à quelques quêtes par factions et par compagnons. Certains et certaines trouvent cela rédhibitoire et vide, mais, hé ! Vous l’avez demandé ? Vous l’avez eu !
Ce système est un peu calqué sur Mass effect 2, dans le sens où tout l’intérêt du jeu est de renforcer son équipe en vue de la mission finale. Et c’est une des choses qui fait que DAV est, selon moi, meilleur que DAII. Les choix que vous faites lors de ces quêtes de compagnons influent directement sur la fin du jeu. Si vous décidez d’ignorer certaines factions ou personnes, que vous faites les mauvais choix, alors la fin en sera directement impactée.
Alors, oui, l’écriture est plus « faible » que les anciens Dragon age, et la version française m’a fait grincé des dents plus d’une fois avec son vocabulaire moderne et ses abréviations (C’est la première fois que je passe un jeu en Vo en cours de partie...). Néanmoins, je me répète, mais l’histoire principale est vraiment excellente et, même si l’impact des quêtes de factions et de personnages ne sont pas toujours égales, elles sont, pour le moins, toutes intéressantes et plus que complètes (sauf Taash… j’y reviendrai plus tard).
Le seul point négatif à l’histoire, selon moi, est le fait que nos anciens choix ne soient pas pris en compte. Je comprends cette décision, dans le sens où il y a maintenant énormément de variantes à l’univers de Dragon age et, globalement, ils s’en sont très bien sortis, en nous mettant, ici et là, des clin d’œil assez vagues pour faire plaisir aux fans sans anéantir nos anciennes décisions. Néanmoins, je pense que certains choix étaient bien trop importants pour être, juste, ignorés. C’est le cas notamment du rituel de Morrigan, dans Origin (Quid de ce pauvre Kieran ?), de la romance de Hawke, dans le II (si c’est Isabela, elle n’en fait jamais mention… ou alors, il ne faut pas mettre Isabela), ou même de qui boit à la source de Mythal, dans Inquisition. Je pense que cela aurait été intéressant de prendre trois ou quatre choix par jeux, soit des choix majeurs (comme ceux cités précédemment), soit des choix faisant directement le lien avec Tévinter (comme la quête annexe du demi elfe Feynriel que l’on peut envoyer auprès des magisters, dans Dragon Age II.)
J’aurais également beaucoup aimé avoir un petit prologue par faction, finissant par le recrutement de Varric. Déjà, cela aurait fait écho aux prologues de Dragon Age Origins (Qui, selon moi, fait partie des grandes forces de ce jeu), mais, en plus, cela nous aurait montré, de façon plus immersive qu’un simple texte, nos liens forts avec Varric et Harding. Je pense sincèrement que c’est quelques chose qui manque à Dragon Age the Veilguard qui, pour le coup, commence dans le cœur de l’action.
Ce commencement, en plein cœur de l’action, plaira certainement à d’autre

« LES PERSONNAGES SONT CHIANTS ET INUTILES »

Une grande majorité des personnages de Dragon Age the Veilguard est tiré des comics et/ou des romans. Mais pas d’affolement ! Si vous n’avez rien lu de tout cela (fort probable vu qu’il n’y a qu’un comics et deux romans traduit en français), vous ne serez pas perdus pour autant. Au pire, vous n’aurez pas connaissance de quelques informations, comme le fait que Maevaris est l’épouse du défunt cousin de Varric.
Pour ce qui est des personnages secondaires, cela m’a fait plaisir de revoir certaines têtes connues, comme Dorian, et j’ai trouvé celles et ceux que je ne connaissais pas très attachants (mention spéciale pour Antoine et Evka ! ). Néanmoins, j’ai trouvé dommage de ne pas pouvoir plus leur parler, en dehors des quêtes qui les concernent. C’est un reproche que je fais d’ailleurs pour tous les personnages du jeu : En dehors de leurs quêtes, vous n’avez pas la possibilité de parler aux personnes qui vous entourent et d’en apprendre plus sur eux, comme pour les opus précédents. C’est, encore une fois, une critique que j’ai souvent entendu : « Trop de blabla dans les Dragon Age ! ». Et bien, une fois de plus… EA vous a entendu… et je ne vous en remercie pas, car cela m’a énormément manqué, tout au long du jeu.

Varric est fidèle à lui-même : drôle, charmant et plein de bons conseils. J’ai été très heureuse de le revoir, c’est certainement l’un des personnages que je préfère, tous Dragon age confondus. À l’annonce du jeu, j’avais ardemment espéré pouvoir ENFIN le romancer haha, mais son traitement dans Dragon age the Veilguard ne l’aurait pas permis et, ce n’est pas plus mal. Il est le conteur de cette saga et le compagnon fidèle de trois héros/héroïnes de Dragon age, rien que ça !

J’adorais déjà Harding dans inquisition, malgré son rôle plus que secondaire, j’ai donc, à l’instar de Varric, été très heureuse de la compter dans l’équipe. La pauvre s’en prend plein la tête tout le long du jeu, néanmoins, elle sait garder toute sa compassion et fait toujours passer les autres avant elle-même. Elle est forte, intelligente et adorable, son seul défaut réside dans son choix de partenaire (si on ne la romance pas). Vraiment, je ne la comprends pas… Elle mérite tellement mieux ! Tout son arc sur les nains est intéressant et apporte énormément au lore de Dragon age, tout en étoffant un peu plus le personnage d’Harding et en prenant parfaitement la suite du DLC « la descente » d’Inquisition.

J’ai eu un peu plus de mal avec Neve. Je comprends que certains et certaines l’adorent, mais, je ne sais pas, je l’ai trouvée plus effacée que les autres, peut-être trop réservée et trop sage. J’ai tout de même apprécié son calme, son intelligence et sa générosité. Suivant les choix que vous faites dans le jeu, elle peut, elle aussi, avoir un lourd fardeau sur les épaules. Ses quêtes personnelles et de factions sont également intéressantes, même si je regrette un peu de ne pas avoir plus vu le côté « sombre » de Minrathie que l’on nous a dépeint depuis Dragon age Origin. J’aurais voulu en voir plus sur les magister, avec Maevaris et Dorian, revoir aussi Feynriel, de Dragon age II. Mais cela rejoint ce que je disais plus haut.

Lorsque j’ai vu Bellara, dans la première bande-annonce… j’ai eu très peur de voir un personnage trop joyeux, sans profondeur. Mais Bellara est tellement, tellement plus que cela ! Elle est joyeuse et énergique, certes, mais aussi très intelligente, sensible et débrouillarde. Elle fait tout pour que l’équipe se sente bien, tout en étant incroyablement maladroite pour ce qui est des relations sociales. Sans elle et ses « calibrations », l’histoire n’aurait, tout simplement, pas pu continuer. Elle est, tout comme Harding, dans la tourmente, tout le long du jeu, que ce soit à cause des révélations de certaines quêtes ou lors de son arc narratif. J’ai vraiment adoré ce personnage.

Le côté renfermé de Lucanis m’a tout de suite fait craquer et sa dualité avec Rancoeur ne le rend que plus intéressant encore. J’ai vraiment beaucoup apprécié ses quêtes personnelles ainsi que celle de sa faction. C’était vraiment bien de voir les corbeaux de l’intérieur, même si je regrette l’absence de Zévran… Lucanis est plus complexe qu’il n’y paraît. Il peut se montrer à la fois dur et froid, ne montrant pas ses sentiments, mais également fragile à cause de ses traumatismes, à l’écoute de ses compagnons et serviable. Ses discussions avec Bellara, lorsqu’ils sont tous les deux dans votre équipe, ne le rendent que plus adorable à mes yeux… mais je ne suis absolument pas objective.

J’avais un peu peur que Davrin soit le cliché du guerrier un peu bêbête, finalement, c’est l’un des personnages que je préfère. Alors, oui, c’est un combattant dans l’âme, mais il est aussi doux, créatif et curieux. J’ai énormément apprécié son évolution au fil du jeu, passant de garde maladroit à papa poule. Oui, forcément, Assan n’est pas étranger au fait que j’adore ce personnage, car leur duo ajoute une dimension de plus à sa personnalité qui le rend tout simplement adorable. C’est un personnage fort, courageux, qui a la volonté de bien faire, tout en sachant se remettre en question. Ses quêtes personnelles et de factions sont rudes et vous feront passer par pas mal d’émotions !

Taash est le seul personnage important du jeu que j’ai détesté. Mais vraiment détesté. Dès les premières lignes de dialogues, j’ai eu l’impression d’avoir en face de moi une ado capricieuse, qui grogne quand on lui parle, lève les yeux au ciel et conteste systématiquement ce qu’on lui dit. Ajoutez à cela le fait qu’elle ne montre aucun respect pour ses compagnons, insultant les autres sans gêne et, lorsqu’on lui fait la remarque, rétorque que, « bah en même temps c’est vrai que t’es ça ! »… Sans compter le fait qu’elle est bête. C’est le mot. Je déteste dire ça d’une personne, réelle ou fictive, mais Taash est bête et, en prime, pas curieuse du tout, sauf si cela concerne sa petite personne ou les dragons… Vraiment, je suis contente de voir que certains et certaines l’apprécient, mais, pour ma part, j’ai juste eu envie de l’envoyer bouler (ce qui n’est pas possible). En revanche, j’ai beaucoup aimé sa mère qui est, certes maladroite, mais pleine de bonnes intentions et se remet systématiquement en question… Quand Taash ne lui coupe pas la parole pour l’envoyer paître…

Tout comme Davrin, j’avais un peu peur que le personnage d’Emmerich soit un cliché ambulant. Encore une fois, DAV m’a beaucoup rassuré et il est, finalement, l’un de mes préférés. Alors, comme pour Davrin, Manfred y est pour beaucoup haha, mais même sans cela, Emmerich est un personnage intelligent et compréhensif. Même lorsque quelqu’un se montre violent ou insultant avec lui, il reste toujours calme et répond posément, en expliquant son point de vue et en acceptant celui de son interlocuteur. Son arc narratif, même s’il est moins sombre que les autres, n’en est pas moins intéressant. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le Nevarra qui n’est que rapidement mentionné dans les opus précédents. En grande fan de Tim Burton et Edgar Allan Poe, j’ai adoré cette vision poétique et bien loin des clichés habituels des nécromanciens que le jeu nous offre. (Il me fait d'ailleurs beaucoup penser à Vincent Price hihi)
Manfred, meilleur personnage du monde !

« DRAGON AGE C’EST LE WOKISME LAND ! »

J’enchaîne avec LE sujet qui en a fâché beaucoup avant même la sortie du jeu et qui continue, encore maintenant, à diviser (y compris sur le prochain Mass effect qui n’est même pas encore en développement… ) : La présence de ce qui est appelé populairement « le wokisme ».
Avant toute autre chose, voici un résumé de définitions de wikipédia et de sites universitaires qui semblent tous s’être mis d’accord : Le terme « woke » provient du verbe anglais « wake » qui signifie « réveiller » et décrit un état « d'éveil » face à l'injustice que subissent les minorités, que se soit à cause de la couleur de peau, du handicap, du genre, des préférences sexuelles, etc. C’est un peu l’évolution de ce que l’on appelait à une autre époque, les « social justice warrior ».
Au fil du temps, comme tous les mouvements de pensées à travers les âges, il y a eu des dérives, d’un côté comme de l’autre, des appropriations politiques et j’en passe. Si bien que, aujourd’hui, ce terme est devenu péjoratif, désignant les extrémistes sectaires. Ces personnes couvrant d’ailleurs d’opprobre leur propre communauté, desservant ainsi les causes, pourtant justes, qu’elles disent défendre…
L’explication étant faite, parlons maintenant du jeu.
Tout d’abord, Dragon age (et Mass effect) ont toujours eu des personnages gay, trans, lesbiens, etc. Ce n’est absolument pas nouveau. Mais, à la différence de Taash, les personnages comme Crem, Dorian, Zevran, Lélianna ou encore Maevaris sont extrêmement bien écrits, touchants, avec une histoire profonde et une personnalité riche. Ce sont des personnages très attachants, intéressants et qui évoluent le plus naturellement du monde avec leur environnement, sans en faire des tonnes. Alors, pourquoi toute cette haine avant même la sortie du jeu ?
Qu’il y ait des choix à la création de personnage, permettant d’avoir un personnage trans, cela ne devrait poser de problèmes à personne. Pour la simple et excellente raison que c’est un CHOIX. Il n’y a donc rien d’obligatoire. Vous pouvez faire des cicatrices d’ablation mammaire, comme vous pouvez mettre du rouge à lèvres à votre personnage, des peintures de guerre ou encore lui donner des yeux vairons. Et, avoir le choix, c’est bien. Il n’y a même pas de débat à avoir là-dessus. J’ai d’ailleurs regretté le manque de choix de certains traits, comme la morphologie de mon personnage (mince, athlétique, voluptueuse, ronde, musclée, etc.).
Je voulais qu’elle ait des plus gros seins… snif

Là où le bât blesse, c’est lorsque tout cela devient obligatoire. En effet, à travers le jeu, à plusieurs reprises, nous croisons des pronoms tels que « iel » et « ellui », ainsi que des écritures dites « inclusives » avec les fameux points médians. Cet habillage totalement hors de propos dans un univers fantasy est, selon moi, plus que douteux. Déjà, car nous savons tous et toutes que cela fait encore débat partout dans le monde et que, forcément, cela déteint sur le jeu. Ensuite, les personnages concernés sont, soit totalement insipides, soit détestables… Je ne comprends donc absolument pas ce besoin d’en faire des personnages non-binaire… juste pour remplir un quota ? Mais, en plus, je vais peut-être vous apprendre quelque chose : L’écriture dite « inclusive » exclue totalement toute une partie de la population. Beaucoup de personnes neuroatypiques (Dys, autistes, etc.) ont tout simplement beaucoup de mal à lire des phrases avec des points médians. Il en est de même pour les personnes ayant du mal à lire pour d’autres raisons (Illettrisme, langue maternelle autre que français, problèmes de vue, etc.)
À titre d’exemple, lorsque je vois un point, mon cerveau pense directement qu’il s’agit de la fin de la phrase. Je me vois donc obligée de relire le texte plusieurs fois, afin de le comprendre. Autant dire que, en plein combat, c’est mission impossible.
Partant de ce postulat, le fait d’imposer cette écriture est discriminatoire et pose problème. Sans compter que, en termes de narration et de dialogue, cela ne se fait tout simplement pas, car cela brise ce que l’on appelle le « 4ème mur », nous renvoyant, de ce fait, loin du jeu et cassant totalement l’immersion. Si la mise en place de l’écriture inclusive était si importante à leurs yeux, pourquoi ne pas en avoir fait une option n’apparaissant que si le joueur ou la joueuse choisit le pronom « iel » à la création du personnage ? Et, en parlant de ce pronom, n’était-il pas possible d’en imaginer un, en elfique ou en qunari par exemple, afin que l’immersion soit total, au lieu d’utiliser un terme extrêmement récent ?
Écrire de façon neutre est pourtant simple en français, et ce, malgré nos terminaisons. Encore faut-il faire l’effort. Par exemple : il suffit de remplacer « Désolé.e » par « Pardon » ou « je te demande de me pardonner ». Et hop ! Une phrase neutre sans points médians qui perd une partie des joueurs et joueuses ! Notre langue est tellement riche, il est dommage de ne pas l’utiliser correctement, surtout dans un univers qui encourage l’utilisation d’un langage soutenu, et donc de tournure de phrases pouvant aisément sembler neutre.
Traduction : 
"La courbe de tes reins est une symphonie
Qui m'invite au désir et à la rêverie
A rêver de tes mains qui me touchent ce soir
De tes halètements, de tes coups de boutoir
La courbe de tes reins est une symphonie
Qui m'invite au désir et m'érige le vit."

Et cela fait de jolis poèmes !

Pour conclure avec ce sujet (ENFIN !!!!), parlons du point qui est, selon moi, le plus dérangeant : Taash.
Déjà, le fait que ce personnage soit non-binaire brise totalement l’impact qu’il aurait pu avoir. Je m’explique :

(attention, risque de SPOIL)

On apprend assez rapidement que Taash est « adaari », un qunari pouvant cracher du feu, et que Taash se comporte de manière assez masculine, ce que sa mère, adepte du Qun, ne comprend pas. Cela aurait pu être très intéressant de voir Taash accepter sa féminité, allant, de ce fait, contre les normes de la société qunari (qui veut que les hommes se battent et que les femmes soient prêtresses, en résumé grossier). Cela aurait, en plus, créé un personnage de femme forte et musclée, une guerrière à la Cassandra. Un personnage profond, complexe, qui n’a pas froid aux yeux ! Mais… non… Le fait de la rendre non-binaire m’a plutôt fait comprendre que, si nous avons un sexe féminin et que nous nous comportons comme « un homme » (quoique cela puisse dire réellement) alors nous ne pouvons pas être une femme. Nous n’avons que deux choix possible : devenir un homme trans ou une personne non-binaire. Super… En tant que « garçon manqué » depuis ma plus tendre enfance, j’apprécie fortement ce message… (ironie)
Ajoutez à cela son caractère exécrable d’ados en pleine crise, son manque de respect totale envers les autres personnages, son intellect des plus limité et son comportement digne d’un canidé en rûte… et vous obtenez un personnage qui, loin de créer de la sympathie envers une communauté déjà bien mal comprise, génère l’effet totalement inverse, au point où j’ai regretté de ne pas pouvoir l’envoyer bouler ou même lui mettre des coups. Vraiment. J’en étais à ce point-là avec ce personnage… c’est triste !

(Fin du risque de SPOIL)

Au final, tout cela ne dure que très peu de temps et ne sont que des petites références dans un jeu qui compte plusieurs dizaines d’heures. De ce fait, il ne mérite pas toute cette vague de haine qui ne s’appuie que sur ce point pour exister. Néanmoins, je comprends totalement que cela gêne, car, même si ce n’est qu’une infime partie du jeu, elle nous sort totalement de l’univers. Personnellement, j’ai eu l’impression de revoir cette personne, sur un plateau de télé, qui reprenait de façon extrêmement condescendante le présentateur, en lui disant qu’il n’était ni un homme, ni blanc car il était à moitié libanais. Eh bien, c’est peut-être idiot, mais je n’ai aucune envie d’avoir cette personne derrière mon dos qui me dit comment je dois penser et voir le monde alors que mon seul désir est de m’abandonner totalement sur les terres de Thédas et de tuer du démon.
J’aime être libre de penser ce que je veux !

« LES ROMANCES SONT DIGNES DE GAMINS DE 10 ANS ! »

Alors, déjà, si des gamins de 10 ans concluent leurs amourettes comme dans Dragon Age… il y a un souci ! Ensuite, oui, en effet, les romances sont moins « intenses » que ce à quoi nous a habitué la licence Dragon age. En revanche, si l’on prend en compte qu’ils se sont largement inspirés de Mass Effect 2 (l’un des jeux Bioware les plus appréciés par le public), alors cela prend tout son sens. Car, oui, comme dans ME2, les romances se mettent en place très doucement, tout au long du jeu, pour se clôturer par LA scène, juste avant la bataille finale.
Pour ma part, j’ai romancé Lucanis lors de ma première partie et je tenterai de nouvelles romances dans les prochaines. J’entends beaucoup de bien des romances d’Emmerich et d’Harding également, mais je ne me prononcerai pas, sans avoir testé moi-même, comme d’habitude. Pour ce qui est de Lucanis, donc, j’ai trouvé sa romance très belle. Certes, un poil platonique dans les débuts, mais avec une jolie conclusion et des propos adorables de la part du corbeau.
Je regrette néanmoins le manque d’interaction avec nos compagnons, en dehors des missions, ainsi que le manque d’étreinte et/ou de baiser lors de la dernière discussion du jeu et je pense que cela ne ferait pas de mal que Bioware ajoute des épilogues, comme ils l’avaient fait pour Mass Effect 3, afin de savoir ce que nos petits couples sont devenus. Car, bon… une image de fleurs avec juste « une histoire d’amour » en légende… c’est très léger… TROP léger… Et on en voudrait un petit plus.
Avec pleins de bisous !

« LE GAMEPLAY DE DRAGON AGE THE VEILGUARD... C’EST JUSTE UN JEU D’ACTION ! »

Alors, comme dit plus haut, oui, Dragon Age the Veilguard est un A-RPG. Donc un « action » RPG. Et, même si Dragon Age Origins reste, pour le moment, mon favori de la licence, force est d’admettre qu’il ne fait pas le poids face au gameplay énergique et intuitif de DAV ! C’est rapide, c’est fluide, que demander de plus ? Ah, oui, un peu de stratégie ? Il y en a aussi ! Alors, on ne vous demande pas non plus de faire des calculs incroyables pour réussir des batailles, néanmoins, le nombre de sorts disponibles en combat étant limité, ce sera à vous de choisir les meilleures combinaisons afin de pouvoir enchaîner les combos. Personnellement, j’ai beaucoup aimé cet aspect… En plus de prendre un malin plaisir à me servir du décor et d’envoyer voler mes ennemis dans le vide de l’immatériel huhuhu
Au contraire des opus précédents, il ne vous sera pas possible de prendre le contrôle de vos compagnons, de plus, ces derniers sont immortels. Vous pensez que cela facilite trop les choses ? Détrompez-vous, car tous les combats reposent, de ce fait, sur vos épaules. Vous avez donc tout intérêt à apprendre à jongler entre attaque, esquive, contre et soin. Si vous arrivez à maîtriser cela, il vous sera même possible de battre des ennemis avec 20 niveaux de plus que vous ! Dans le sang et la sueur, certes, mais c’est possible !
Le seul point négatif, selon moi, est le fait que les ennemis se focalisent automatiquement sur vous. Que vous soyez voleur, mage ou guerrier, la majorité des ennemis sont comme attirés par vous et il vous faudra alors redoubler d’adresse afin de vaincre les vagues de monstres qui vous assaillent.
Pour ce qui est de la gestion de l’équipement, de l’inventaire, les améliorations, etc. Tout cela, après avoir, encore, subit de nombreuses critiques sur le système de craft de Dragon Age Inquisition, a été simplifié. Il vous suffira de monter votre réputation auprès des diverses factions, puis d’acheter et/ou trouver les équipements en double, triple, et plus, afin que ces derniers s’améliorent automatiquement à chaque fois. L’esprit du phare vous proposera également d’améliorer vos équipements contre des ressources et de leur donner quelques effets en plus. Cela reste basique, mais néanmoins utile. Même si je fais partie de celles et ceux qui aimaient beaucoup fabriquer leur propre équipement et les faire enchanter par leurs alliés.
Et puis j’adorais Sandal et Dagna !


CONCLUSION

J’ai beaucoup aimé jouer à Dragon Age the Veilguard. Alors, oui, il est loin d’être parfait, mais l’histoire m’a tenue en haleine jusqu’au bout, j’ai beaucoup aimé les quêtes secondaires et j’ai adoré les personnages (sauf Taash ! ). Néanmoins, il me reste un arrière-goût de « trop peu ». J’aurais aimé en voir plus de Tévinter, parler plus aux personnages secondaires, ainsi qu’à mes compagnons. Je ne serais pas du tout contre un DLC à la Citadelle de Mass Effect 3, ni contre des petits épilogues plus développés.
Cela dit, je confirme le fait que je le préfère à Dragon Age II. Car ce dernier, même si je l’aime beaucoup, n’est clairement pas une réussite visuelle, possède une histoire intéressante, mais centrée sur une seule ville de Thédas et qui finit de la même manière, quelque soit nos choix (l’un des chefs de camp devient fou ou folle et la chantrie explose. point) et n’est qu’une accumulation de cartes recyclées, remplies d’ennemis tous similaires. Contrairement à Dragon Age the Veilguard qui, certes, a ses défauts, mais est, je trouve, un très bon jeu et mérite sa place auprès de ses prédécesseurs.
Merci pour cette aventure !

En ce qui concerne toute cette vague de haine, j’ai un petit message personnel à vous transmettre : 
Beaucoup de choses ont été changées pour ce jeu. Et nombreux sont les rageux qui ont critiqué ce point, sans prendre le recul nécessaire pour remarquer que, ces changements sont le résultat, non pas des seuls caprices d’un studio, mais également des nombreuses critiques faites aux anciens jeux. Car, oui, incroyable, mais vrai, EA cherche avant tout les profits. Et pour faire des profits, que font-ils ? Ils écoutent les mécontents bruyants, regardent ce qui fonctionne chez les autres, et font un mélange de tout cela. Adieu donc les grandes cartes, le craft, les longues discussions au coin du feu de camp… À force de gueuler comme des bourrins sans même avoir joué aux jeux que vous critiquez, vous détruisez vous-même les licences que vous adorez. Il est facile de taper sur des gens que nous ne connaissons pas, protégé derrière son écran, il est moins évident de se remettre en question, et pourtant, cela ne ferait pas de mal à beaucoup de personnes, surtout sur internet !
À bon entendeur…




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5 points positifs :
- Les graphismes
- L’histoire principale
- Les quêtes secondaires
- Les personnages (sauf Taash)
- Le gameplay



5 points négatifs :
- L’univers de Dragon age quelque peu « aseptisé »
- Le manque de choix des anciens jeux
- Le manque d’interaction avec les autres personnages
- Le focus des ennemis sur Rook, quelques soit sa classe
- Le langage trop familier et moderne, dont l’écriture inclusive (pas évident pour tout le monde)




Gifs = Alistair – DAO ; Belara – DAV ; Teagan – DAO ; Dragon – DAV ; Rook – DAV ; Manfred – DAV ; Isabela – DAII ; Zevran – DAO ; Sandal – DAO ; Assan et Davrin – DAV ; Varric – DAV ; Neve – DAV