Orgueil et préjugés


À Longbourn, petit bourg du Hertfordshire, sous le règne du roi George III, Mrs Bennet est déterminée à marier ses cinq filles afin d'assurer leur avenir, compromis par certaines dispositions testamentaires. Lorsqu'un riche jeune homme, Mr Bingley, loue Netherfield, un domaine proche, elle espère vivement qu'une de ses filles saura lui plaire assez pour qu'il l'épouse. Malheureusement, il est accompagné de ses deux sœurs, Caroline et Louisa, plutôt imbues d'elles-mêmes, et d'un ami très proche, Mr Darcy, jeune homme immensément riche, mais très dédaigneux et méprisant envers la société locale.

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Certainement le meilleur roman de Jane Austen ! J'avoue avoir eu peur de lire cette histoire la première fois. Je m'attendais à un roman à l'eau de rose, terriblement ennuyeux... Comme j'ai eu tort ! À la manière d'Elisabeth Bennet, je me lui laissé emportée par mes préjugés et je regrette d'être passé si longtemps à côté d'un roman d'une telle qualité ! 
À peine je ferme le livre que j'ai déjà envie de le relire 

Jane Austen nous raconte ici l'histoire des Bennet, une famille aisé de la campagne, composée de cinq filles toutes plus différentes les unes que les autres et de leur parent, qui ne se supportent que par amour pour leurs enfants et les convenances. 
Dés les premières lignes, le ton est donné : les répliques sarcastiques de M. Bennet sont à mourir de rire tout comme les échanges entre Elisabeth et M. Darcy. Tout les personnages du roman, si mal assortis, se retrouvent en diverses occasions, et cela donne lieu à des situations parfois hilarantes, parfois gênantes, mais toujours très intéressantes. 
Les événements sont souvent espacés de plusieurs semaines – voir plusieurs mois – mais le tout est si bien amené que la lecture reste fluide et compréhensive. J'aime cette idée qui permet aux personnages de voir leurs sentiments évoluer sans que cela ne paraissent trop rapide. Pas de coup de foudre ici, les relations se font et/ou se défont de manière tout à fait naturelle et graduellement, comme dans la vie réelle. Et c'est en cela que ce roman est une pure merveille, hormis l'époque qui est depuis longtemps dépassée, tout ce qui s'y déroule pourrait nous arriver, tous les personnages sont des copies conforme de ceux qui nous entoure. Nous avons tous, dans notre entourage, un M. Bingley, un M. Collins ou une Mme Bennet. 
Même s'il n'existe que trop peu de M. Darcy  

La famille Bennet est... très souvent ridicule il faut l'avouer. M. Bennet est un homme d'esprit mais, tellement lassé par l'idiotie de sa femme et de ses trois dernières filles qu'il leur laisse bien trop de liberté, ce qui donne lieu à des situations... très embarrassante pour les deux aînées. 
Celles-ci ont assez de qualités pour rattraper les erreurs des quatre autres femmes de la famille. 
Jane est douce et généreuse, parfois même trop. Elle est le genre de personne qui n'arrive pas à trouver la moindre méchanceté chez une personne, ce qui lui joue parfois des tours. 
Heureusement, Elisabeth – ou Lizzie – veille sur elle. Bien plus terre-à-terre que sa sœur, elle voit le monde tel qu'il est et tente, tant bien que mal, d'y trouver sa place. Elle me fait beaucoup rire grâce à ses répliques cinglantes – mais toujours polies –, ses sous entendus et sa franchise. Elle pourrait tenir tête à n'importe qui et, avec un sourire et une petite phrase bien pensée, le condamner au mutisme. 
Les trois autres sœurs, Mary, Kitty et Lydia sont, comme je le disait plus haut, assez sottes, même si Mary tente de se cultiver par diverses lectures, elle n'arrive pas à la cheville de ses aînées et reste très oubliable. Kitty et Lydia, elles, se font trop souvent remarquées... surtout Lydia qui mériterai de bonnes paires de claques. Mais on ne peut pas réellement leur en vouloir lorsque l'on voit leur mère, Mme Bennet : usant de chantage affectif, vulgaire, sotte et ne prenant en compte que les apparences. On se demande même comment, avec une mère pareille, Jane et Lizzie on pût devenir des jeunes femmes aussi accomplies. 
M. Darcy est un personnage dont l'écriture est parfaite. Complexe, avec des défauts certains mais également de grandes qualités qu'il dissimule à la perfection. On est partagé entre le fait de le trouver arrogant ou adorable. 
M. Bingley est, à côté, un peu plat. Véritable gentleman comme on en fait plus, il est pourtant très simple et facilement influençable, aussi bien par son ami M. Darcy que par ses deux sœurs... détestables femmes hautaines et médisantes. 
Quand à M. Wickham, il a tout du parfait gentleman. Galant, drôle et charmeur, il ne semble avoir aucuns défauts. Je vous laisserai seul juge de son caractère. 
À tous ces personnages hauts en couleurs, s'ajoute quelques amis, oncles, tantes et cousins qui viennent ajouter encore plus de caractères différents. 
Sans oublier le séduisant M. Collins. 

Orgueil et préjugés est de loin mon roman préféré de Jane Austen. Je ne me lasserai jamais de cette histoire et prends plaisir à la redécouvrir en livres, mangas ou films pour y déceler les quelques différences d'adaptations. Pour le moment, il n'y a que cette parodie de Orgueil et préjugés et zombie qui m'est déçu. 
Bref, je vous conseille vivement ce roman qui vous transportera dans l’Angleterre du XIXe siècle, là où un simple baiser était considéré comme le pire des péchés. 
Excepté pour les gens mariés.


Gifs = Orgueil et préjugés - films de 2005 et 1995.

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